La Danse Originelle
La danse orientale est adulée, aimée, reniée, voire interdite dans certains pays. Elle soulève parfois le voile du tabou et du sacré. On danse par inspiration ou par élévation (pour les Derviches, les chamans, les druides…). L’élément mystique de la « danse » reste inscrit dans l’inconscient collectif. Sa gestuelle rappelle celles des moudras indiens. Il n’existe pas de documents précis concernant les pas, la codification ou la chorégraphie.
Cette danse est bien plus qu’une forme d’expression : elle se vit au quotidien, occupant une place prédominante dans la vie de tous les jours, car la danse, la musique, le chant sont les moyens les plus utilisés par les civilisations orientales et africaines pour s’affirmer ou communiquer. Elle ponctue les fêtes, les mariages, les naissances, certains rites de passages des âges, les baptêmes, les fêtes religieuses. D’un point de vue subjectif, elle fait souvent appel à l’émotion, à la sensibilité, à l’instinct plus qu’à la réflexion ou à l’imagination comme la danse contemporaine. Elle ne détient pas de thématique particulière qui implique le mouvement. Synthèse directe du vécu de la mémoire, elle se transmet principalement de femme à femme.
Elle possède un sens inné des formes, de la stabilité, de l’opposition, de la succession et de l’asymétrie. Entre l’imprévisible et le suggéré, elle est pure improvisation, tantôt mélodie, souvent rythme, élément très puissant et stimulant. Elle épouse l’ambiance dans laquelle elle évolue, pour finir en vibrations qui esquissent et terminent par les pieds,
c’est-à-dire là où commence la Danse Originelle.
Cette Danse fascine et fascinera toujours, car elle symbolise l’accomplissement de la femme, elle est appel à l’enfantement perpétuel de la joie, surgissant alors, ventre multiple,millénaire sans masque, sans voile, célébrant le miracle de l’Amour… de la vie.
Assia GUEMRA
